Voyage d’études au Togo 2018

Le samedi 21 juillet à 03 heures du matin, le bus de la Direction Générale des Douanes, conduit par l’infatigable, l’imperturbable chauffeur NIGNAN Souleymane quittait end voyage togol’Ecole Nationale des Douanes (END) pour la capitale togolaise.

Avant le départ, le Chef de mission fit faire l’appel et donna les consignes pour un bon déroulement du voyage d’études. Pour ce faire d’ailleurs, une prière œcuménique est récitée par un imam et un prêtre de circonstance, pour demander les bonnes grâces du bon Dieu en vue d’un voyage sans embûches.

L’heure tardive que dis-je, très matinale a vite plongé beaucoup de voyageurs dans les bras de morphée laissant le chauffeur et quelques élèves surveiller la route jusqu’au premier arrêt à Koupèla.

La première étape majeure, est Cinkansé, la frontière avec le Togo, que nous atteignons à 08 heures. Les dispositions sont prises sur place pour le petit déjeuner. À la suite une visite de courtoisie au Chef de Bureau des Douanes de Cinkansé est improvisée. C’est de bonne guerre, il faut prendre les nouvelles et se débarrasser des objets compromettants. Après quelques échanges avec nos collègues, nous voilà de l’autre côté de la frontière, au Togo.

end1 voyage togoNous passons merveilleusement les formalités d’immigration et tout juste après, un couac !

Il est question de sécurité, d’escorte, de convoi, de prévenir l’autorité, de faire quelque chose en tout cas… Cette interrogation et incompréhension nous feront perdre facilement deux heures et demie. Et enfin, l’ordre est donné de progresser sans que rien ne soit fait, mais l’officier a professé avoir déblayé la route.

Le voyage d’études commence bien. Est-ce que nous devons être assujettis à l’acquisition d’un laissez-passer ou pas pendant que nous sommes en visite officielle avec ordre de mission ministérielle et documents au complet ? Ça arrive !

Notre bus avance et nous avec. Nous commençons à égrener les villages et les villes du Togo. A vrai dire au Nord du Togo, on se croirait toujours au Burkina Faso. Au passage, nous voyons Dapaong, Mango, Kanté, Kara, Défalé, Bafilo, Sokodé, Atakpamé, Notsé, Tsevie et enfin Lomé.

Nous sommes administratifs et craintifs au passage. Une rumeur circule dans le bus, laissant entendre que la nouvelle voie de contournement du plus grand obstacle de la route (Bafilo) est en chantier. Nous devons passer par la falaise. Le délégué général des élèves a la mine angoissée et à la vue de la plus petite colline, il demande si on y était. Plus de peur que de mal, à l’approche, un policier nous dirige vers la voie censée être en chantier et nous quittons la zone sans plus de frayeur que cela. Ouf ! Même avec ça, le relief est impressionnant.

Après ces obstacles, nous rentrons doucement dans la nuit. Les traits commencent à se tirer. Le bureau des élèves n’a pas prévu de dormir en cours de route et de plus, il y a une heure limite avant laquelle nous devons atteindre Atakpamé sinon on y passe la nuit forcée dans le car. Certains ne sont pas contents mais se résignent, c’est comme ça !

A l’arrêt à Atakpamé, les voyageurs reprennent des forces et mettent le cap sur Lomé qui est toujours à 160 Km. Nous atteignons cet objectif à 1 heure du matin.

Un formidable comité d’accueil attend la délégation à l’entrée Nord de la capitale togolaise. Nous sommes contents de reconnaitre deux de nos élèves de l’END de nationalité togolaise accompagnés de deux motards de la douane (du nouveau pour nous).

C’est en escorte quasi présidentielle que nous sommes conduits à notre lieu de résidence : Hôtel Star of David de Lomé.

Après un repos bien mérité, les élèves voyageurs se retrouvent rapidement à la plage pour marquer leur arrivée dans le golfe de Guinée.

Un programme riche et chargé est proposé par le bureau des élèves dirigé par l’élève inspecteur BAYALA Mathieu. Ce programme a été amendé par l’Office Togolais des Recettes (OTR). Ce programme sera décliné en étapes et constituera le contenu du voyage d’études 2018.

Le lundi 23 juillet 2018, l’étape 1 nous amène au Consulat Général du Burkina Faso au Togo, comme pour annoncer à nos autorités que nous sommes en territoire togolais. Le groupe est reçu par le Consul Général, lui-même, son excellence Monsieur Adama OUEDRAOGO, qu’entourait l’ensemble du personnel du Consulat. Une fois les présentations faites de part et d’autres, le Consul Général fait un exposé sur le fonctionnement de son service et aussi sur les difficultés rencontrées par les burkinabés en territoire togolais. Il a suggéré que vu la fréquence des voyages d’études sur la destination Togo, il préconise des réflexions sur la rédaction d’un protocole d’accord entre l’END et le Consulat Général du Burkina Faso au Togo. Cette idée a été bien accueillie et fera l’objet d’approfondissements par les deux parties. Une photo de famille a mis fin à cette visite au Consulat Général.

La deuxième étape a été la rencontre avec le commissaire des services généraux, Monsieur Philippe Kokou TCHODIE accompagné de son Directeur des Ressources Humaines et de la Formation Professionnelle, Monsieur Jonas Kwami EDJIDOMELE.

A travers un film, ils nous ont fait une présentation de l’Office Togolais des Recettes (OTR), de son contexte et de ses attentes. A l’issue de cette présentation, il y a eu des échanges entre les élèves et le commissaire TCHODIE et son équipe.

Le soir du premier jour, à la suite de la visite au siège de l’OTR, le groupe aura des échanges avec le commissariat des Douanes et des Droits Indirects. Cette rencontre était animée principalement par le Directeur des Opérations Douanières du Golfe le Colonel Agoro MEDJESSIRIBI, le Directeur du Renseignement et de la Lutte contre la Fraude, le Colonel Komi AKOTOTSE assistés de KPENIMA Minmindjou, Assistant Exécutif du Commissaire des Douanes et des Droits Indirects. Pendant cette rencontre, l’organisation de la Douanes au sein de l’OTR a été abordée avec toutefois quelques contradictions avec l’exposé du Commissariat des Services Généraux. Cette rencontre a également mis à nu quelques préoccupations rencontrées par les agents des douanes avec l’avènement de l’OTR. Ces préoccupations sont surtout des questions liées à la gestion du personnel dans un contexte de corps paramilitaire.

Au matin du jour 2, nous commençons l’étape 4, par la visite du port autonome de Lomé(PAL). Notre équipe est reçue par Monsieur Ahmed HALADOKO, Chef de service de communication chargé des relations publiques internationales et de la coopération. Il était assisté du Directeur Financier par intérim. La réunion a permis de présenter le port, ses caractéristiques et ses performances. Nous retiendrons que le PAL fait 80% des recettes budgétaires de l’Etat, qu’il est en Afrique l’un des ports qui a plus de profondeur avec 17 m et que le Burkina Faso est l’un de ses meilleurs clients..

La suite de la visite au port nous conduit à l’étape 5. C’est-à-dire au LCT (Lomé Container Terminal) du Groupe Bolloré. Le LCT constitue le môle 1 qui accueille les conteneurs MSC (MEDICECET SHIP COMPANY). Les autres conteneurs sont reçus au niveau du môle 2 par Togo Terminal. Togo Terminal gère également le troisième quai.

Le DEES et ses élèves sont par la suite allés à l’étape 6, toujours dans les environs du port. Cette fois, il s’agit de la première visite dans un bureau des douanes.

Avec l’OTR, les bureaux d’une certaine importance sont plutôt appelés Division et c’est le chargé des opérations douanières de la Division de Lomé Port, Monsieur Piguendéléwé AKAYA qui nous a reçus pour parler de son office. C’est la Division douanière la plus importante du pays qui gère directement les marchandises du port. Elle est composée de toutes les sections que connaît un bureau traditionnel des douanes.

Au soir du jour 2 et à la septième étape, nous sommes amenés à visiter la Division de la zone Franche. C’est une étape charnière tant sur le plan de la spécificité que sur le plan des débats avec les élèves. La zone franche qui nous est présentée est constituée d’unités de production qui exportent ou mettent à la consommation des matières premières venant du port et ayant la qualité de produits étant toujours à l’étranger. La Division de la zone franche s’occupe donc des opérations liées à l’activité de la zone franche. La visite s’est poursuivie avec des entretiens dans deux unités industrielles pour l’une spécialisée dans la fabrication de produits cosmétiques et pour la seconde au montage de motocycles.

Le mercredi 25 juillet 2018, nous partons dans la matinée à la Division de Kwadjoviakopé, bureau frontalier avec le Ghana sur la côtière du Golfe de Guinée.

C’est une Division de 60 agents et est la seule douane au monde où une frontière jouxte une capitale. Elle est spécialisée pour toutes les marchandises sauf pour les hydrocarbures. En réalité, elle pratique essentiellement du transit.

A l’issue de la visite à Kwadjoviakopé (étape 8), nous mettons le cap sur Agbodrafo, toujours sur la côtière mais cette fois-ci vers l’Est dans le sens de la frontière béninoise. Nous allons faire un devoir de mémoire en visitant la maison des esclaves de la même ville (étape 09). C’était émouvant de voir comment nos ancêtres ont été traités puis embarqués comme des animaux dans des bateaux appartenant à des esclavagistes, alors même que l’esclavage était aboli.

Après cette visite qui nous a attristés, nous retrouvons vie quand nous mettons pieds à l’Hôtel "le lac" situé dans la même ville d’Agbodrafo. C’est un cadre paradisiaque et romantique qui donna beaucoup d’idées à plus d’un. Le groupe a faim et l’idée de manger au bord de la mer sous le bruit des vagues fait son chemin. Et nous voilà avec nos assiettes bien achalandées, des bouteilles de toute nature à côté, contemplant la mer, ce qui nous faisait regretter notre situation de sahélien sans façade maritime. Pas le temps de s’habituer, nous voilà encore sous escorte pour la capitale.

En cours de chemin, le programme du lendemain se précise. Il y aura un cross. Certains trouvent des alibis pour dormir un peu plus mais la grande majorité est là. Nous sommes au matin du jeudi et à l’étape 10. Le cross prend des allures de 8Km et les poids lourds sont à la peine mais font l’effort de faire le circuit comme ils peuvent. Le moniteur du jour, un ancien de l’END, connu sous le sobriquet "commandement" met un peu de zèle dans l’exercice et fait faire le tour de son office, "Kwadjoviakopé". C’était éprouvant surtout que les douaniers togolais n’étaient pas majoritaires. L’arrivée est idéale et est prévue sur la plage avec des étirements sur le sable. Ça fait vraiment du bien. Il y avait longtemps que certains n’avaient pas fait cet effort-là.

Le lendemain et nous sommes au vendredi 27 juillet  à l’étape 11, nous sommes invités par le Commissariat des douanes et des droits indirects. La présence de l’Assistant Exécutif du Commissaire témoigne de l’importance et de l’éclat que les autorités douanières veulent donner à cette soirée.

Il faut le dire immédiatement, ce fut une soirée mémorable où les anciens élèves de l’END de nationalité togolaise ont été présentés et des cadeaux ont été échangés par les deux parties. Il est plaisant de dire que la soirée était animée par l’orchestre de la douane. Cette surprise togolaise nous a rappelé un certain temps où chez nous aussi il y avait un orchestre. La preuve que de telles expériences sont possibles au Burkina Faso est que quand le DEES s’est éclipsé, il parait que des talents burkinabés se sont révélés au grand jour. Et dire que c’est un échantillon de l’END seulement.

Ce fut une soirée exceptionnelle qui a permis de se rendre compte une fois de plus que nous sommes seuls artisans et comptables de notre réussite et de notre bonheur une fois la grâce de Dieu acquise.

Le samedi 28 juillet restera une date inoubliable pour nous. Nous sommes à l’étape 12 de la sortie. Nous avons Kpalimé au programme. Nous partons à 120 Km de Lomé et par la suite nous comprenons que la destination n’est pas choisie au hasard. C’est la région touristique la plus prisée du Togo. Nous côtoyons au passage le Mont Agou (800m) qui est le plus grand sommet du Togo avec ses habitations perchées en hauteur. Nous étions informés que nous visiterions un château mais de là à imaginer qu’il était au sommet d’un mont, non ! En effet le chemin que le bus empruntait ne cessait de monter et de tourner et quand on jetait un coup d’œil sur le côté, on se rendait compte qu’on était en train de grimper. Le Mont Kleto au sommet duquel se situe le château a une altitude moyenne de 700 m. Inutile de vous dire que les moins courageux ont craqué et ont même regretté d’être monté à bord.

Le DEES, remobilise tout le monde et à la barrière de sécurité, c’est à pied que l’ascension finale se fera. Il y en a qui ont laissé des plumes. Bref, nous voilà au sommet, un superbe château construit entre 1940 et 1944 et restauré par le Président togolais entre 1972 et 1979, est implanté. C’est le château VIALE du nom du français qui l’a construit. Nous regrettons juste que son entretien ne soit pas permanent tellement il est idéalement situé.

L’ascension était plus difficile. La descente à pieds se fait dans une bonne ambiance et le spectacle au sommet a fait oublier l’ascension.

Un repas bienfaisant et réparateur nous attendait à la descente. Malheureusement, notre digestion sera accélérée parce que le car a eu la malencontreuse idée de s’embourber devant une église. A force de solidarité et d’ingéniosité, nous revoilà sur la route de Lomé que nous regagnons aux premières heures de la nuit.

Nous pensions que c’était la fin, mais que non ! Il faut aller encore à la plage (étape13) dans la périphérie Est de Lomé toujours dans la direction du Bénin. Il n’y a que dans cette direction qu’il y a de l’espace. De l’autre côté, c’est déjà le Ghana.

Dans ces lieux, ce fut encore magnifique. Certains jouent au ballon dans le sable, d’autres sirotent une boisson, d’autres encore discutent en pensant au retour. Bon signe, le chauffeur NIGNAN qui ne rit pas d’habitude est en pleine fête. Il va bien récupérer disaient certains. La fin du séjour est infernale, on sent de l’amertume chez certains, surtout ceux qui étaient très actifs.

En guise de résumé nous disons que nous avons été bien accueillis à Lomé. Nos collègues se sont occupés de nous au-delà de notre espérance.

Nous avons noté l’investissement personnel de nos élèves togolais, ils étaient au petit soin. Les anciens élèves togolais de l’END ont joué leur partition également. Nous nous sommes sentis chez nous et des fois plus que chez nous, puisqu’on n’a pas la mer par exemple.

Nous disons aussi merci à l’Office Togolais des Recettes et singulièrement au Commissariat des Douanes et des Droits Indirects.

La dernière étape c’est le voyage retour. Départ prévu à 4 heures ou bien à la guise du chauffer puisqu’il est seul à conduire. Il y en a qui cherchent le DEES, il est déjà à Ouagadougou. Mais comment ? Qui est fou ?

MEDAH Georges Armand, Directeur des Etudes, des Evaluations et des Stages de l’Ecole Nationale des Douanes(END)

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